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CAUSTIQUE
Caustic, Brennlinie

Caustique par réflexion au flambeau
Caustique par réflexion au soleil
Notion étudiée et ainsi dénommée par Tschirnhausen en 1681 puis par Jacques Bernoulli en 1691, et La Hire en 1703.
Du latin causticus, calque du grec kaustikos : qui brûle.

Le terme caustique désigne d’une façon générale l’enveloppe des rayons lumineux issus d'un point à distance finie (caustique "au flambeau") ou infinie (caustique "au soleil ") après modification par un instrument optique. On considère le rayon modifié en entier, y compris la demi-droite virtuelle.

Dans le plan, la caustique par réflexion (ou catacaustique) d'une courbe (G0) pour une source lumineuse S est l'enveloppe des rayons issus de S après réflexion par (G0) considérée comme le profil d'un miroir.
Lorsque S est à distance finie, la caustique par réflexion de la courbe réfléchissante (G0) est la développée de la courbe orthotomique, appelée dans ce cas plutôt anticaustique, ou caustique secondaire ; rappelons que cette courbe est elle-même image de la podaire de (G0) par rapport à S dans une homothétie de centre S et de rapport 2.
 
 

Construction du point caractéristique M du rayon réfléchi : on projette le centre de courbure I en M0 en J sur le rayon incident, puis en K sur la normale en M0 : S, K et M sont alignés.


 
 
 
 
 


 
 
 

La caustique (en rouge) est la développée de l'orthotomique (en vert).
 

 


 

Application de ce résultat : l’antipodaire d’une courbe cycloïdale a pour caustique par réflexion une courbe cycloïdale semblable.
Exemples :
 
courbe réfléchissante
(ou dirimante)
source lumineuse  caustique par réflexion
cercle sur le cercle et au sommet de la cardioïde cardioïde
cercle quelconque
pôle du limaçon
caustique de cercle
parabole foyer de la parabole se réduit au point à l'infini dans la direction de la parabole
conique bifocale foyer de la conique se réduit à l’autre foyer
spirale logarithmique point asymptote de la spirale spirale logarithmique
cubique de Tschirnhausen foyer parabole semi-cubique
cissoïde de Dioclès point (4a, 0) cardioïde
cardioïde point de rebroussement néphroïde
caustique inverse de cercle centre cercle

Lorsque S est à l'infini (les rayons incidents sont parallèles), la caustique peut aussi se construire comme développée ; une droite D orthogonale aux rayons étant choisie, la caustique est la développée de l'anticaustique associée à la droite D , lieu du symétrique par rapport à la tangente en M0 du projeté de M0 sur D ; remarquons que les différentes anticaustiques associées aux droites D sont parallèles et ont donc la même développée.


Construction de la caustique au soleil à partir d'une anticaustique ; le point caractéristique du rayon réfléchi en M0 se détermine comme projeté sur ce rayon du milieu du segment joignant M0 au centre de courbure de (G0) en M0 :


Paramétrisation cartésienne pour des rayons parallèles à Ox

Exemples :
 
courbe réfléchissante direction des rayons caustique
cercle quelconque néphroïde (courbe de la tasse de café)
parabole parallèle à l'axe foyer
parabole perpendiculaire à l'axe cubique de Tschirnhausen
arche de cycloïde perpendiculaire à l'axe de roulement deux arches de cycloïde réduites de moitié
deltoïde quelconque astroïde
courbe exponentielle
y = a ex/a
parallèles à Oy chaînette

La caustique par réfraction (ou diacaustique) d'une courbe (G0) pour une source lumineuse S est l'enveloppe des rayons issus de S après réfraction par (G0) considérée comme le profil d'un dioptre.

Si M0 est un point de la courbe (G0) et n une constante (qui peut être négative), le rayon réfracté du rayon incident (SM0) est la droite (D) faisant un angle r avec la normale (N) à (G0) en M0, avec , où i est l'angle.

Seul le cas n > 0 correspond à la réfraction physique (n est alors le rapport  des indices de réfraction de l'autre côté de S et du côté de S) ; le cas n = -1 redonne le cas de la réflexion.

On désigne par caustique par réfraction complète pour la constante n > 0 la réunion des caustiques pour les constantes n et -n ; c'est la développée de l'anticaustique de (G0) par rapport à S associée à la constante n.

Exemples :
    - les caustiques par réfraction complètes de la droite sont les développées de coniques et les caustiques par réfraction complètes du cercle sont les développées d'ovales de Descartes complets.
    - les courbes dont la caustique par réfraction est réduite à un point sont les coniques pour des rayons incidents paralèles, et les ovales de Descartes pour des rayons provenant d'un source à distance finie.

L'orthocaustique de (G0) pour la source S est l'enveloppe des perpendiculaires aux rayons issus de S au point d'impact sur (G0). L’orthocaustique n’est donc autre que l’antipodaire.

Exemples : l'orthocaustique d'une droite (D) est une parabole de foyer S tangent à (D) ; l'orthocaustique d'un cercle est une ellipse ou une hyperbole suivant que S est à l'intérieur ou à l'extérieur du cercle.

Voir aussi, dans le domaine des courbes définies par des procédés optiques, les anamorphoses.
 
 
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© Robert FERRÉOL, Jacques MANDONNET 2000